"Une page coloniale se tourne mais deux hommes n'ont jamais oublié Anandita, nièce et fille adoptive de Nanda le cyclopousse, dont ils furent amoureux et partagèrent les faveurs, jouant Jules et Jim au pays des Maharadjas… Emouvante, sans mièvrerie, cette remontée dans le temps et la mémoire est superbement conduite par un Huertas au mieux de sa forme romanesque."

Jean Contrucci, La Provence

"Hubert Huertas est un écrivain à part, une sorte d'électron libre, il explose dans chacune de ses œuvres avec finesse, tendresse, enchantement. A lire sans concessions, et à lire pour retrouver un talent, un véritable génie de l'écriture romanesque."

Nathalie Sylberman, Vallée FM

"Terminus Pondichéry nous fait revivre de la façon la plus passionnante qui soit un épisode inconnu d'une décolonisation qui s'est moins mal passée que les autres. C'est la jolie histoire de Nanda, intouchable et cyclopousse, pris d'affection pour trois enfants qu'il trimballe quotidiennement. Histoire rondement menée, de l'arrachement des uns à l'espérance des autres."

Michel Lloubes, L'Indépendant

"Comme toujours dans ses romans, il y a de l'amour, de la passion, du déchirement, des retrouvailles, et des rebondissements. L'auteur, tout à sa jubilation d'écrivain, ne se prive de rien. Il s'adonne aux formules qui font mouche : « plus les dieux sont nombreux, moins ils sont tyranniques », et creuse les thèmes qui lui sont chers, la paternité, la trajectoire individuelle sur fond d'histoire familiale, le vivre ensemble, les ruptures, ces Terminus où tout s'achève et tout commence. On lit, on se régale… Il faut ouvrir ce roman là, tout en séduction généreuse, à l'image de son auteur."

Carina Istres, La Provence


LA CHRONIQUE DE PHILIPPE VALLET

Sur FRANCE INFO (13 juin et 16 août 2006)

Avec Chandernagor, Mahé, Yanahon, et Karikal, Pondichéry occupe une place très particulière dans notre imaginaire. Fondée en 1674, cet établissement français a longtemps été au centre de guerres avec l’Angleterre et n’a été rendu à l’Inde qu’en 1963. Dans Terminus Pondichéry, Hubert Huertas, grand reporter à France Info et France Inter raconte avec passion l’histoire d’un homme pris dans la tourmente de cette décolonisation.

Une épopée où tout s’achève, et où tout commence, Hubert Huertas :

C’est l’histoire d’un Tamoul, il s’appelle Nanda, et Nanda fait le métier de cyclopousse. Nanda est un intouchable qui vit à Pondichéry, qui a un caractère spécial parce que cet intouchable est en même temps un touche à tout, il rêve d’aller au bout du monde, l’histoire se passe dans les années 50, au moment précis où les comptoirs de l’Inde vont être rendus à l’Union indienne. Nanda, l’intouchable et touche à tout, va élever trois enfants. Ces trois enfants sont sa nièce, petite intouchable comme lui dont les parents n’ont pas envie de s’occuper parce qu’elle est une fille, et puis les deux fils de ses patrons : l’un de ces patrons est un colon, comme on dit, il est médecin chef à l’hôpital, l’autre est un tamoul nationaliste, il est médecin chef adjoint. Et donc, pendant une période de quinze ans, et même davantage, Nanda va conduire la révolution dans sa nacelle…

Et donc, au moment de l’Indépendance, Pondichéry jouissait, et jouit encore, d’un statut d’extraterritorialité....

Et ce statut se voit à l’œil nu, parce que quand on y va, quand on s’y promène, c’est à la fois toute l’Inde dans ce côté mystérieux, ce côté grouillant, ce côté extraordinaire, mais en même temps c’est très étonnant parce que ça a conservé son petit caractère à part : vous avez la rue Anatole France, vous avez des joueurs de pétanque encore à Pondichéry, donc Pondichéry a conservé un peu de ce qui a marqué son histoire pendant trois siècles quand même !

Hubert Huertas, pourquoi avoir choisi cette période particulière de l’histoire Indienne !

Et bien au fond parce qu’elle me renvoie à moi-même… J’ai grandi dans la décolonisation de l’Algérie, et les périodes de décolonisation sont extraordinaires, elles sont comme une sorte de traumatisme de naissance. Le monde ancien s’écroule, le monde nouveau n’est pas encore là. Les gens, vous savez, les petites gens, pas ceux qui font l’Histoire mais les petites gens, ils cherchent leurs repères, ils continuent leur vie, mais cette vie elle est poussée à des extrémités, et ça, d’un point de vue romanesque, c’est passionnant.

Terminus Pondichéry , d’Hubert Huertas, est publié aux Presses de la cité…