Patagonie

La Patagonie, ce n'est pas un pays, ni une région administrative d'un quelconque état latino-américain. La Patagonie, c'est cette terre du bout du monde qui s'étend sur le cône sud de l'Amérique Latine et que se partagent le Chili et l'Argentine. Bien qu'elle n'ait pas de limites officielles, on considère généralement qu'elle couvre les territoires compris entre le 42° parallèle sud (matérialisé par le Río Negro) et le Cap Horn.

Epine dorsale du sous-continent, la Cordillière des Andes s'étire jusqu'aux archipels fuégiens et plonge sous la Mer de Drake avant de resurgir sur la péninsule antarctique. Frontière naturelle (et souvent discutée) entre le Chili et l'Argentine, elle sépare la Patagonie en deux zones géographiquement très distinctes.


Patagonie - Rio Gallegos (page 217)

"Elle revenait au pays, dans sa maudite Patagonie. Dans ses hivers atroces, son vent qui rend fou, ses déserts hérissés de buissons, son horizon sans horizon. Dans sa splendeur du bout du monde, sa liberté, sa solitude. La région de Rio Gallegos à l'embouchure du détroit de Magellan, résume la misère et la beauté féroce de cette plaine inutile. Un arrière monde. Une antichambre avant plus rien…"


Patagonie - Région du Lago Argentino


Patagonie - Région du Lago Argentino (page 314)

"Vue d'ici, l'histoire de leur été 21 ressemble à une dérive, ou à un conte épique, couleur sépia. On dirait du cinéma. Ils avaient loué une voiture, ils parcouraient des paysages insensés, qui n'en finissaient pas, et croisaient des violences implacables, et méthodiques. Ils se cachaient dans des fermes, ils dormaient dans des ruines, ils se lavaient dans des cours d'eau, puis s'embrassaient dans l'herbe. Ils tremblaient d'être arrêtés, de mourir, de se perdre"…


Patagonie - El Calafate



Patagonie - El Calafate (page13)

"De longues rafales balayaient l'étendue des steppes. Le frôlement du vent sur les herbes, le bêlement des bêtes, les aboiements, les sabots, l'odeur de moisissure végétale libérée par les tourbières… J'écoutais en fermant les yeux, en devinant de loin, bien au-delà du regard, nos troupeaux moins nombreux, escortés par les peones, sanglés dans leur titre gauchos, mais traînant à leurs basques une odeur de vieux cuir, de grillade, et de crottin".


Glacier du Perrito Moreno
Glacier du Perrito Moreno (page 16)

"D'aussi loin que je m'en souvienne, jusqu'à l'âge de douze ou treize ans, je n'ai connu que des glaciers phosphorescents qui s'enfoncent dans la mer, et qui craquent dans la nuit, des promenades au printemps, entre filles, elle et moi, pour des croisières sans limites, des touristes émerveillés, des baleines, des phoques, des lions de mer, des cabanes, des semelles qui s'impriment dans des prairies sans fin, quadrillées de clôtures".


Epaves sur le détroit de Magellan

Epaves sur le détroit de Magellan (page 57)

"Des centaines de navires, chargés jusqu'à la gueule, débarquaient en Europe des milliards de fibres d'angora. Sur le Détroit de Magellan, les grandes roues des vapeurs à voile brassaient deux océans d'un coup, le Pacifique et l'Atlantique, qui s'affrontaient dans des tempêtes colossales, puis s'apaisaient en toussant des épaves"…

 


Au sud de Punta ArenasAu sud de Punta Arenas (page 60)

"Chez eux c'était donc là, au Chili, vers la pointe Santa Maria, vingt kilomètres au sud de Punta Arenas, juste avant le Cap Forward, là où bifurque le Détroit, vers les eaux du Pacifique, l'endroit même où les navires de Magellan croisèrent les canoës des Alakalufs. Un sas entre les étendues du Nord, plates jusqu'au vertige, et les hautes îles du sud, découpées, rabotées, crevées de labyrinthes".